Une lumière à la fin du tunnel des goulets d'étranglement ?

Le choc des chaînes d'approvisionnements amené par la pandémie nous laisse avec un impact économique beaucoup plus important que prévu initialement. La question est maintenant de savoir combien de temps cela va durer.

La pandémie a créé des goulets d'étranglement complexes dans les chaînes d'approvisionnements, exacerbés par l'explosion de la demande, ce qui a entraîné une flambée des prix. Les consommateurs réagissent enfin, ce qui pourrait restreindre les dépenses.

La panique

Au début de la pandémie, les consommateurs se sont rués sur les produits de première nécessité, vidant les rayons des supermarchés. Cette décision était fondée sur la peur de ne pas pouvoir acheter assez de marchandises avant les confinements. Avec le temps cependant, les rayons sont progressivement revenus à la normale. Aujourd'hui, le problème s'est déplacé vers les préoccupations liées à la chaîne d'approvisionnement. En d'autres termes, dans certains cas, les entreprises constituent des stocks, cherchant un niveau d’inventaire de "sécurité" pour répondre à la demande.
Les coûts d'importation, qui ont grimpé en flèche depuis la pandémie, doivent baisser de manière significative pour indiquer que la course au stockage des composants clés prend fin. Certains signes indiquent que les entreprises recherchent désespérément des matériaux dans tous les domaines, des composants technologiques clés tels que les "puces" aux matériaux de construction, afin de s'assurer qu'elles disposent des fournitures nécessaires pour satisfaire les commandes. D'un côté, il n'est pas clair si l'activité florissante des fournisseurs est basée sur des commandes fermes ou sur une simple accumulation de stocks. D'autre part, une course chez Ikea suggère que la demande des consommateurs est extrêmement forte, car de nombreux articles sont indisponibles. En réponse aux problèmes de logistique, Ikea, ainsi que d'autres grands détaillants tels que Walmart, Home Depot et Target, affrètent leurs propres cargos afin d'alléger la pression sur leurs chaînes d'approvisionnement.

Une demande en hausse

Les consommateurs sont restés chez eux et ont par conséquent accumulés des épargnes pendant les mois de confinement. Le retour du consommateur s'est fait sous la forme de fortes dépenses pour des biens discrétionnaires. L'explosion de la demande a entretenu un cycle de réapprovisionnement et a mis à rude épreuve les chaînes d'approvisionnement qui ont dû faire face aux perturbations liées au Covid en Asie et aux retards d'expédition. Pour illustrer l'ampleur de la question, le temps de transit d'un conteneur de Shanghai à la Californie était de 71 jours avant la pandémie ; il est maintenant de 117 jours.
Les matériaux de construction tels que le bois sont également très demandés en raison du boom du logement aux États-Unis, grâce aux faibles taux d'intérêt qui facilitent le refinancement des prêts hypothécaires pour la rénovation ou qui rendent l’immobilier plus accessibles aux premiers achats.
Dans l'industrie automobile en particulier, les constructeurs ont été contraints d'arrêter de prendre des commandes car ils ne sont pas en mesure de les honorer. Par exemple, au début du mois de décembre, Tesla a déclaré qu'elle ne prendrait pas de commandes de Model S et Model X en dehors de l'Amérique du Nord, et elle s'attend à ce que celles-ci reprennent au cours du second semestre de 2022. De même, Ford a déclaré qu'elle n'accepterait pas de nouvelles commandes du Maverick Hybrid avant l'été 2022.

Des défis à relever pour augmenter l'offre

Si les consommateurs ont examiné de près leurs finances pendant la pandémie, les entreprises ont fait de même. Les entreprises ont trouvé qu'il était incroyablement difficile de prévoir la demande, en raison des vagues de Covid. Dans certains cas, les chaînes d'approvisionnement ont été interrompues pendant les confinements, ce qui a créé davantage de retards pour les entreprises qui tentent toujours d'augmenter leur production.
À leur tour, les incitations du gouvernement à rester à la maison ont entraîné des difficultés d'approvisionnement. Avec des aides souvent généreuses et des interruptions de travail, les travailleurs hésitent à reprendre leur ancien emploi, à prendre une retraite anticipée, à opter pour d'autres carrières ou simplement veulent gagner plus. Ces problèmes entraînent de longs retards dans les ports américains, les cargos devant attendre pour décharger leur marchandise. Si l'on peut imaginer que, dans certains cas, les arriérés de commandes seront résorbés, dans d'autres, certains groupes de travailleurs ne reviendront peut-être jamais.

Destruction de la demande

Alors que les marges des grandes entreprises américaines atteignent un niveau record, les petites entreprises ont du mal à absorber les coûts en raison de la hausse des prix due aux frictions des chaînes d'approvisionnement.
Dans d'autres cas, la demande pour certains produits a changé, en partie en raison d'un effet de destruction de la demande dû aux perturbations des chaînes d'approvisionnement. Par exemple, au troisième trimestre 2021, Volkswagen a fabriqué 35% de voitures en moins par rapport au troisième trimestre 2020, et une baisse de la production de voitures signifie une baisse de la demande pour d'autres pièces, ce qui a un impact sur les ventes des fournisseurs.
Parmi les autres éléments à prendre en compte, la flambée des coûts de l'énergie pourrait également freiner l'appétit des consommateurs à revenir à des habitudes antérieures à la pandémie. Par exemple, lorsqu'ils ont le choix entre des véhicules à moteur à combustion interne et des véhicules électriques, beaucoup choisissent maintenant les véhicules électriques ou hybrides.
En ce qui concerne l'importation, le temps d'attente pour recevoir les commandes peut également être à l'origine de la destruction de la demande. Début décembre, le nombre de navires en attente à l'extérieur de Los Angeles et de Long Beach a atteint le chiffre record de 96.
Le prix des conteneurs reste élevé.

L'indice Drewry World Container Index reste 168 % plus élevé qu'il y a un an. L'indice représente les taux de fret des conteneurs sur les principales routes de/vers les États-Unis, l'Europe et l'Asie, utilisés comme référence pour les prix des conteneurs maritimes de 40 pieds.

Il faut du temps

En outre, selon le rapport 2021 de l'Oden sur l'état de l'industrie manufacturière, la crise a incité plus de la moitié des fabricants à apporter des changements importants à leurs chaînes d'approvisionnement. Des industries comme l'automobile ont commencé à délocaliser ou à ramener leurs usines plus près, en réduisant la production pour se rapprocher des clients, mais même ces efforts ne sont pas sans difficultés.
En outre, les fournisseurs réagissent en ouvrant de nouvelles usines en Europe et aux États-Unis, mais cela pourrait prendre des années. En mars 2021, Intel a annoncé son intention de dépenser 20 milliards de dollars pour deux usines de fabrication aux États-Unis. Le PDG d'Intel, Patrick Gelsinger, estime que la pénurie des semiconducteurs pourrait durer deux ans de plus. D'autres producteurs de puces, tels que Samsung et TSMC, ont également annoncé leur intention d'ouvrir des usines aux États-Unis. Le défi consistera à continuer d'augmenter rapidement la production pour répondre à l'explosion de la demande pour les semiconducteurs.

Conclusion

Certains suggèrent que la crise des chaînes d'approvisionnement pourrait durer jusqu'en 2023, mais il est fort probable que les choses s'améliorent d'ici le milieu de l'année prochaine. L'acheminement des marchandises en provenance du monde entier restera certainement un sujet clé dans les mois à venir, alors que nous naviguons entre les vagues de Covid et les effets du variant Omicron. Des changements structurels sont en cours, les entreprises s'orientant de plus en plus vers l'approvisionnement local et la fabrication sur place ou à proximité. Si les usines et les opérations portuaires ne seront pas étendues du jour au lendemain, les entreprises ont fait preuve de résilience en s'adaptant à la pandémie. Grâce aux vaccins, les arrêts de production sont beaucoup moins fréquents. Anecdotiquement, les entreprises semblent penser que le pire est derrière elles, mais il faudra très probablement des mois pour qu'une amélioration significative se fasse sentir.

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